Si vous êtes ici, c’est que vous avez eventuellement pris conscience que votre rapport à l’alimentation était source de souffrance et que vous aviez probablement besoin d’aide. Je tiens à ce qu’on prenne une minute pour saluer votre courage d’admettre qu’il y a peut être une source de souffrance en vous qui nécessite d’être travaillé. Je pense qu’on peut être fier.e de vous, qu’on peut vous féliciter pour ce début de parcours prometteur pour aller mieux.
Maintenant, inévitablement, se pose la question de quoi faire ensuite. Ensuite, on va mettre l’accent sur la nécessité de se comprendre soi-même et comment on peut créer une zone propice pour ça quand on souffre de TCA. Sachez, et je vous le dis d’emblée, que vous avez un grand rôle dans le fait d’aller mieux. Un.e soignant.e quel.le qu’iel soit, n’est rien sans ses patients et ce que ces derniers savent d’eux-mêmes. En psychologie, c’est d’autant plus vrai !
1) Admettre que le poids n’est pas le coeur du problème !
Peut-être auriez-vous envie de me dire que c’est votre corps et votre poids le problème. Que c’est là le cœur du problème et que l’alimentation n’est qu’une conséquence mais je me dois d’apporter une nuance utile. Dès notre naissance, nous possédons un corps unique, rien qu’à nous. Chaque jour qui passe, il se développe et prend du poids : il grandit. C’est notre lot à tous.tes mais les TCA ne sont pas une norme pour autant ce qui implique une chose fondamentale : votre poids n’a rien à voir avec votre manque d’amour et votre excès de haine.
En revanche, votre poids est la raison que vous admettez le plus facilement parce qu’elle est quantifiable, vérifiable et difficile à nier. Vous vous cachez derrière mais ce n’est pas le fer de lance de votre lutte : votre poids n’en est qu’un symbole comme pourrait l’être une photo, une phrase, un souvenir. Sinon comment expliquez vous que vous trouviez des femmes rondes sublimes ? Ou que vous ne vous demandiez pas si telle personne n’est pas trop grosse pour être votre amie ? Après tout, si c’est le poids le problème, tout le monde en a un, non ?
2) Remonter le fil de son histoire
Remonter le fil de son histoire, ca peut vouloir dire plusieurs choses : repenser à ses souvenirs, regarder des photos, relire des journaux dans lesquels on a écrit, discuter avec nos proches… Ca implique aussi une durée variable en fonction de notre âge mais aussi des supports en notre possession.
Ici, le constat est simple : la manière dont vous vous sentez aujourd’hui n’a pas commencé sans raison la veille ! Ca remonte à plus loin, ca s’est construit pierre par pierre, émotion après émotion et il est important d’en retracer les grandes lignes, pour comprendre mais aussi pour se montrer indulgent.e avec soi-même.
Comment te trouvais-tu plus jeune ? Qu’est ce qu’on disait de toi à l’école ? Qu’est ce que tes proches valorisaient ou dénigraient ? Qui est ce que tu admirais ? Comment les gens timides, pas à l’aise avec eux-mêmes, différents étaient traités ? Comment as tu vécu la puberté, ce corps qui change sans qu’on ne lui demande rien et sans qu’on y puisse rien ? Qu’est ce que tu as été amené à vivre : étais-tu plutôt une personne heureuse ou as-tu vécu des choses difficiles ? Avais-tu l’espace de prendre confiance en toi ou te faisais-tu le plus discret.e possible ? Avais-tu le droit de te tromper, de ne pas être parfait tout en restant digne d’amour ?
Remonte le fil, étape par étape, tu pourrais bien te rendre compte que tu as fait de ton mieux même si tu n’en es pas là ou tu le souhaiterais.
3) Mon alimentation et moi : l’heure du constat !
On mange de notre naissance et ce jusqu’à notre mort : c’est une activité importante de notre quotidien mais pas seulement. S’alimenter, c’est aussi prendre soin de soi : c’est l’opportunité de mettre à l’intérieur du soi du bon mais aussi du moins bon. Alors il est important de prendre conscience de ce qu’on a enduré dans notre corps, y compris si on ne s’y identifie pas : il est une part de vous, vous ne pouvez pas lui faire vivre n’importe quoi !
Plusieurs possibilités s’offrent à vous :
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- Ecrire chaque période d’âge : petite enfance, enfance, adolescence, jeune adulte, adulte et ainsi de suite…
- Ecrire chaque variation dans la manière de s’alimenter : comment mangiez vous enfant ? Puis après votre premier chagrin amoureux ? Puis après un traumatisme ? Avant/pendant/après un régime ? En avez vous enchainer plusieurs et si oui lesquels ? Le tout par ordre chronologique !
- Se concentrer sur la période d’apparition des TCA, leur progression et réfléchir aux déclencheurs potentiels qui remontent à cette période.
4) Et au présent ?
Remonter à six mois ou un an : comment fluctuent votre alimentation d’un repas à l’autre ? D’un jour à l’autre ? N’hésitez pas à entrer dans les détails : quantité, type d’alimentation, sensation de faim, sensation de satiété, nombre de repas, grignotage (temps et quantité), émotions ressenties, déclencheurs, impact sur le sommeil…
Repérez-vous des constantes ? Des cycles ? Des alternances prévisibles ? Quelque chose vous étonne ?
Le petit + pour mieux se rendre compte : faire un schéma de comment ca se passe pour nous ! Mettez de la couleur, des légendes. Faites ça bien, c’est de vous qu’on parle ! Vous pouvez venir avec en psychothérapie sans soucis d’ailleurs si vous trouvez que c’est clair et représentatif.
5) Mon corps, mon allié…
D’accord, votre corps mange mais il ne fait pas que ça : il vit et pour cela, il vous permet de faire un nombre ahurissant de choses comme danser, rire aux éclats, faire l’amour peut être, prendre dans vos bras les personnes que vous aimez à coup sur, dessiner, voyager, chanter, écouter de la musique… La liste est sans fin ! Faites-moi la vôtre, pour votre moral, pour vous rendre compte que vous êtes plus fort.e que ce que vous imaginez et qu’il y a en vous une force que vous ne soupconnez pas !
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Félicitations pour chaque exercice de fait, pour chaque pas vers la connaissance de vous-même. Bravo pour vous avoir tendu la main à vous-même. Vous avez été génial.e et courageux.se, j’ai aucun doute là-dessus !
Prenez soin de vous !


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