Les TCA : Mais qu’est ce que c’est ?

Tout le monde en parle, beaucoup de monde semble en avoir ou en avoir eu et pourtant tout n’est pas du registre des TCA alors qu’est ce que c’est au juste ?

TCA veut dire Troubles des Conduites Alimentaires, aussi connu sous le nom Troubles des Comportements Alimentaires.

Factuellement, il existe plusieurs troubles mais tous ont un certain nombre de choses en commun : c’est ce dont on va parler aujourd’hui !

1) Une relation troublée à l’alimentation

La plupart du temps, ce qui ressort en premier chez les personnes souffrant de TCA, c’est le manque de tranquillité en ce qui concerne l’alimentation : beaucoup de questions, beaucoup de certitudes, beaucoup de moments d’inquiétude où il y a un sentiment global que l’alimentation est une langue étrangère inaccessible dont on a pas les codes, qu’on est pas capable de s’approprier positivement. De fait, c’est aussi le sentiment global de ne pas maitriser cet aspect de leur vie.

Très souvent, mais pas systématiquement, on retrouve un passé alimentaire sujet à l’anxiété que ce soit par manque de structure, soit par excès de contrôle ce qui n’a pas permis à la personne – homme ou femme – d’envisager l’alimentation comme un moment de soin pour soi – manger est vital – et comme un moment de plaisir – car cela reste une stimulation sensorielle multiple : goût, odeur, texture, couleurs, etc.

2) Une image corporelle déformée

Aussi appelée Représentation corporelle, l’image mentale du corps des personnes souffrant de TCA est déformée. Il ne s’agit pas seulement d’avoir une perception de son apparence qui est différente de la réalité même si c’est ce dont on parle le plus car c’est ce qu’on imagine le mieux de cet aspect.

Il s’agit aussi de se retrouver avec une image de soi, une image de son corps qui véhicule énormément d’émotions fortes et inconfortables à tel point que ça devient une source de souffrance puissante. On dénote parmi les émotions courantes le dégoût, la tristesse, la colère voire la haine, le désespoir, etc. Plein d’émotions qui empêche la personne souffrant de TCA d’envisager son corps comme un allié, comme une part d’elle-même qui lui veut du bien. Ainsi, le corps est vu et ressenti comme un ennemi à abattre, à faire plier, sur lequel il faut reprendre le contrôle tant le risque d’anéantissement est imminent.

Cette représentation corporelle ne se contente pas de rendre le quotidien de ces personnes difficiles – essayer de passer votre vie accolé.e à celui ou celle que vous considérez comme votre pire ennemi ! Cela les amène aussi à nourir de l’hostilité envers elle-même en plus de dégrader un sentiment d’estime de soi souvent fragile – y compris si, de premier abord, la personne a l’air sûre d’elle.

3) Un quotidien rythmé par des pensées alimentaires

L’un des aspects pathologiques qui passent le plus inaperçu dans les TCA, c’est celui là : avoir le cerveau saturé de pensées qui tournent autour de l’alimentation quoi que la personne fasse, peu importe quel jour on est, peu importe avec qui elle se trouve.

Dans les faits, cela implique des personnes qui, dès qu’elles se lèvent, se trouvent dans une situation d’anticipation de tout moment alimentaire : qu’est ce que je vais manger ? Est ce que je vais avoir faim ? Mais aussi, après manger alors que le repas vient de finir : je vais manger quoi ce midi/ce soir ? Il va falloir cuisiner, mâcher, avaler, etc. Est ce que je vais grossir/maigrir/tenir ?

Non seulement, cela les coupe du moment présent et de ce qui peut être agréable, soutenant et valorisant dans celui-ci mais c’est aussi épuisant. Rendez vous compte : nous devons manger chaque jour, 3 fois par jour. Ces personnes n’ont donc pas un seul jour de repos, pas un break de ce moulin à pensées meurtrières. C’est comme se retrouver pris.e au piège dans une pièce sans porte ni fenêtre : l’angoisse !

Accompagné des émotions inconfortables précédemment citées, on voit bien en quoi cela crée de la tension et de l’hostilité de soi envers soi-même. On voit bien à quel point la machine peut s’emballer et à quel point tout autre manière de vivre peut sembler impossible quand on est à l’intérieur de la pièce sans issue et sans distraction.

4) Des comportements observables

Comme son nom l’indique, les TCA ce sont aussi un ensemble de comportements qu’on adopte. C’est ici qu’on voit en quoi les éléments évoqués précédemment – le flou sur comment s’alimenter sainement, l’image corporelle abimée, les émotions inconfortables intenses, le manque d’estime de soi – influent concrètement sur la manière de s’alimenter de la personne concernée.

C’est ici que les différents troubles vont se différencier : anorexie, boulemie, hyperphagie, orthorexie… Ils se différencient car la personne concernée n’adopte pas les mêmes comportements en fonction de la pathologie dont elle souffre. De plus, certains troubles alternent, se complètent, s’équilibrent en terme de survie et créent du chaos à échelle humaine ce qui augmente, au final, la souffrance.

5) Une installation dans le temps

Enfin, comme pour tout trouble, il est important de constater depuis combien de temps ca dure. Il nous arrive à tous.tes d’avoir des périodes courtes où notre alimentation est moins prévisible, moins stable, plus impulsive sans pour autant qu’on soit amené.e à développer un trouble des conduites alimentaires pour autant. Ainsi, il faut que la perturbation soit durable et qu’on puisse y observer des tendances, c’est-à-dire des comportements observables répétitifs qui sont systématiquement présents – c’est cela qui nous permet de caractériser le trouble et d’en comprendre le fonctionnement propre à chacun.e.

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Voilà donc les 5 choses que tous les troubles des conduites alimentaires ont en commun. Evidemment, ca ne suffit pas à évaluer vous êtes ou non atteint.e de TCA. Toutefois, vous vous êtes peut être reconnu.e.s dans la manière de penser ou encore dans celle d’envisager votre corps. Sachez que c’est suffisant pour vouloir consulter.

Dans les prochains articles à venir, nous aborderons des questions utiles pour savoir si on souffre de TCA mais aussi comment faire pour repérer des éléments utiles à une première consultation sur le sujet pour mieux cerner comment ca se joue pour vous. Bien évidemment, nous développerons aussi les différents troubles évoqués dans le point 4 de cet article. Ainsi, la boucle sera bouclée !

Prenez soin de vous !

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